Cette initiative pourrait bien redessiner les contours du commerce mondial… et changer la donne face aux États-Unis.

La Chine, le Japon et la Corée du Sud, trois puissances économiques majeures, s’engagent sur la voie d’un accord de libre-échange historique.
🤝 Riposte coordonnée face à Washington
Les tensions commerciales ne cessent de s’intensifier entre les États-Unis et leurs partenaires économiques. Dans ce climat tendu, les annonces de nouveaux droits de douane américains — notamment sur l’acier et l’aluminium dès mars 2025 — ont sonné comme une alerte. Pour Pékin, Tokyo et Séoul, il devenait urgent de réagir.
C’est à Séoul, lors d’une rencontre ministérielle inédite depuis 2020, que les trois pays ont décidé de relancer les négociations pour un accord de libre-échange trilatéral. Un geste fort. Les ministres du Commerce ont affirmé leur volonté d’avancer vers un accord « complet » et « équitable ». Malgré des désaccords historiques, la nécessité de répondre à l’unilatéralisme américain a su rassembler ces puissances autour d’un objectif commun : créer un front économique solide et intégré.
🕰️ Et Projet ancien, réactivé par la pression occidentale
Ce n’est pas la première fois que ces trois pays envisagent un tel accord. Les discussions ont débuté dès 2013, mais elles avaient été mises en pause en 2019. Le sommet exceptionnel de 2024 à Séoul a ravivé les ambitions : les mesures agressives de Washington ont eu un effet catalyseur.
Le gouvernement chinois l’a souligné avec clarté : « Les trois pays doivent assumer la responsabilité de préserver le système commercial multilatéral. » Le message est clair : face à l’incertitude croissante, l’Asie de l’Est doit tracer sa propre voie.
🇯🇵 Le Japon au cœur de cette stratégie régionale
Parmi les trois partenaires, le Japon occupe une position stratégique. Son économie, en quête de dynamisme depuis plusieurs années, reste très exposée aux fluctuations du commerce mondial — notamment dans le secteur automobile. Tokyo voit dans cet accord l’opportunité de diversifier ses débouchés tout en affirmant son leadership régional.
Mais l’équilibre est délicat : le Japon reste un allié historique des États-Unis. Ce rapprochement avec la Chine et la Corée du Sud traduit donc une évolution de sa diplomatie économique, dictée par le pragmatisme plus que par l’idéologie.
🌐 Vers un bloc économique de poids mondial (mais pas sans difficultés)
À eux trois, ces pays représentent :
- 20 % de la population mondiale
- 25 % du PIB mondial
- 20 % des échanges commerciaux planétaires
L’impact potentiel d’un accord trilatéral est colossal. Il viendrait compléter — et renforcer — le Partenariat économique régional global (RCEP), le plus vaste accord commercial au monde auquel les trois États participent déjà. Ils entendent également pousser à une réforme de l’OMC et élargir le RCEP à de nouveaux membres.
Pour la Corée du Sud, l’enjeu est double : consolider ses exportations et sécuriser ses chaînes d’approvisionnement. La perspective d’un marché plus prévisible, moins exposé aux aléas américains, est stratégiquement précieuse.
Ce projet ambitieux ne se fera pas sans heurts. Les divergences historiques, territoriales et politiques entre ces trois nations restent profondes. Le Japon et la Chine, notamment, s’opposent encore sur des questions sensibles comme les îles Senkaku/Diaoyu.
De plus, comme le soulignent les chercheurs La Croix et Kawaura, les réformes structurelles sont difficiles à mener dans des systèmes institutionnels rigides. Le Japon, malgré sa volonté affichée, pourrait rencontrer des résistances internes liées à ses institutions économiques interdépendantes.
Ce rapprochement économique tripartite n’est pas seulement une réponse tactique au protectionnisme américain — c’est une stratégie de long terme. En renforçant leurs liens, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ambitionnent de faire émerger un pôle économique puissant, capable de stabiliser leurs économies et de renforcer leur influence géopolitique.
Reste à savoir si les promesses politiques se traduiront par des accords concrets. Si tel est le cas, c’est tout l’équilibre des échanges en Asie-Pacifique — voire au-delà — qui pourrait être redéfini.
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